Développement : les économies de l’AES résistent aux crises et affichent une croissance soutenue en 2025 (rapport)

Les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) maintiennent une dynamique économique « soutenue », portée par les secteurs minier et agricole, bien que confrontés à des tensions géopolitiques et à l’insécurité, selon la Note de conjoncture économique de la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP).

Les économies du Mali, du Niger et du Burkina Faso démontrent une résilience en 2025, avec des taux de croissance qui témoignent d’une vitalité économique dans un contexte régional marqué par l’instabilité, selon la Note de conjoncture de la Direction générale de l’Économie et de la planification (DGEP) de décembre 2025.

L’économie malienne accélère sa progression avec une croissance de 5,5 % en 2025, contre 5 % l’année précédente. Cette performance s’appuie largement sur le secteur minier, stimulé par l’augmentation de la production aurifère et surtout par l’entrée en production d’une mine de lithium, positionnant le pays sur le marché stratégique des matières premières pour la transition énergétique. Les perspectives pour 2026 s’annoncent encore plus favorables, avec une croissance projetée à 6,1 %, selon la DGEP.

Cependant, l’inflation constitue un défi majeur. Elle devrait atteindre 4,6 % en 2025, en hausse par rapport aux 3,2 % enregistrés en 2024. Cette accélération des prix s’expliquerait par les pertes de récoltes dues à la crise sécuritaire et aux chocs climatiques, ainsi que par les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire et la hausse des coûts du logement, de l’énergie et de la restauration. Un ralentissement est toutefois anticipé en 2026, avec une inflation projetée à 4,1 %.

Le Niger maintient son rythme

Après une année 2024 exceptionnelle à 10,3 %, le Niger conserve une croissance de 6,9 % en 2025, selon le document. Cette performance repose sur trois piliers : une bonne campagne agricole 2025/2026, le renforcement de la production pétrolière et la solidité du secteur des services. Pour 2026, une légère décélération est attendue, avec une croissance estimée à 6,7 %.

Sur le front de l’inflation, la situation s’améliore nettement. Après avoir grimpé à 9,1 % en 2024, elle est redescendue à 4,2 % en 2025 et devrait continuer sa baisse pour atteindre 3,8 % en 2026, offrant un soulagement aux ménages nigériens, souligne la DGEP.

Le Burkina Faso révise ses ambitions à la hausse

Le Burkina Faso affiche une croissance attendue à 6,3 % en 2025, contre 4,8 % en 2024. Ces prévisions, précise la Note, ont été révisées à la hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport aux estimations de mars 2025, notamment grâce aux performances du sous-secteur minier non industriel.

La croissance burkinabè présente un profil équilibré : le secteur primaire y contribuerait à hauteur de 0,6 point de pourcentage, le tertiaire pour 2,4 points et le secondaire pour 3,3 points. L’horizon 2026 s’annonce encore plus prometteur, avec une croissance projetée à 6,6 %.

Le document note une maîtrise de l’inflation, qui devrait chuter à 1,8 % en 2025 après 4,2 % en 2024. Cette maîtrise s’expliquerait par une bonne campagne agricole 2024/2025 et par la poursuite des mesures gouvernementales de contrôle des prix des produits de grande consommation.

Par Marie D. SOMDA, Sira Info

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