Autoroute de contournement : La Cour des comptes pointe le retard accusé

Les travaux de construction du boulevard périphérique de Ouagadougou, comprenant les voies de contournement Nord et Sud, connaissent un retard significatif dans leur exécution, révèle le Rapport public annuel 2024 de la Cour des comptes du Burkina Faso, remis au président du Faso en novembre 2025.

Confié à l’Entreprise Bonkoungou Mahamadou et Fils (EBOMAF) depuis septembre 2018, le projet devait initialement s’achever en juin 2023. Les travaux ont démarré le 1er octobre 2019, pour un délai d’exécution de 36 mois, hors saison des pluies (03 mois maximum par saison des pluies).

Toutefois, lors de la visite de la Cour en juillet 2023, les travaux se poursuivaient toujours, avec un taux d’exécution physique de 80 % et un taux d’exécution financière de 85 % (soit environ 201,4 milliards FCFA consommés à cette étape).

En janvier 2024, l’ancien ministre des infrastructures, Adama Luc Sorgho, avait effectué une visite du chantier. Il a été révélé que le taux d’exécution était à 11 janvier 2024, c’est un taux d’exécution de 87%.

Le contrat initial prévoyait un montant de 181 068 341 604 FCFA TTC et une longueur de 125 km. Ce contrat a fait l’objet d’un avenant substantiel d’un montant de 55 992 633 525 FCFA TTC, soit 30,9 % du montant initial. Le coût total s’élève désormais à 237 060 975 129 FCFA TTC, tandis que la distance a été portée à 126,7 km, soit une distance supplémentaire de 1,7 km, selon la Cour.

Les indemnisations passent de 2 à 10 milliards FCFA

Le rapport de la Cour note aussi que les indemnisations des personnes affectées par le projet (PAP) ont été revues à la hausse. Elles sont passées de 2 à 10 milliards FCFA, soit une augmentation de 8 milliards. Selon le partenaire privé EBOMAF, cette hausse s’explique par l’importante augmentation du nombre de personnes affectées par le projet par rapport au recensement effectué en 2008.

À l’issue de la visite, la Cour des comptes souligne une irrégularité majeure : les travaux se sont poursuivis au-delà du délai contractuel de 36 mois sans avenant modificatif, en violation de la loi sur les partenariats public-privé, à la date de la visite du 17 juillet 2023.

« La durée de prorogation doit être strictement limitée au délai nécessaire au rétablissement des conditions de continuité du service ou de l’équilibre financier du contrat. Cette prorogation ne peut intervenir qu’une seule fois et doit être justifiée dans un rapport établi par le partenaire privé et faire l’objet d’un avenant au contrat de partenariat public-privé dans les mêmes conditions d’approbation que le contrat initial », indique la loi sur les PPP.

Face à cette situation, les représentants de l’entreprise et du ministère en charge des Infrastructures ont indiqué à la Cour qu’un projet d’avenant visant à proroger le délai de 12 mois, sans incidence financière, a été introduit auprès du ministère concerné. Selon le rapport, cet avenant n° 2 a été conclu et approuvé le 13 décembre 2023.

Ce projet structurant pour la capitale burkinabè vise à désengorger le trafic urbain et à améliorer la circulation dans l’agglomération de Ouagadougou.

Par Lomoussa BAZOUN, Sira Info

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