L’Assemblée législative de transition (ALT) a réalisé une enquête parlementaire sur « l’efficacité des projets et programmes financés sur ressources extérieures ». Parmi les projets qui ont fait l’objet d’enquête, figure la construction de l’Aéroport de Donsin. Le rapport révèle des constats peu reluisants.
Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur « l’efficacité des projets et programmes finances sur ressources extérieures au Burkina Faso (CEP-EPPRE) » est disponible depuis mai 2024. Il évalue la réalisation de certains grands projets de l’Etat, dont le projet de construction de l’aéroport de Donsin. Les députés disent, en effet, dans une partie de leur rapport, avoir échangé avec des habitants d’un des villages affectés par le projet et qui a été déplacé sur un autre site. Le constat n’est pas reluisant. Voici ce que dit le rapport : « Des échanges avec les Personnes affectées par le projet (PAP) d’un des 18 villages déplacés, ont révélé les constats suivants : une mauvaise qualité des constructions ; une mauvaise canalisation ; une absence de sanitaire ; une promiscuité des logements ». Et ce n’est pas tout ! Les députés disent également avoir constaté « une inexistence de portails au niveau des clôtures pourtant inclus dans le marché ; le village de Zongo réinstallé dans une zone marécageuse. »
Le document nomme les acteurs qui étaient au-devant de ces faits. « Les personnes morales impliquées dans ces réalisations sont la MOAD (maitrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin) en tant que maître d’ouvrage et les prestataires (entreprises) AZIMO et SUZY CONSTRUCTION. »
En rappel, le Projet de construction de l’aéroport international de Ouagadougou-Donsin et de ses voies d’accès comporte deux phases dont la première consiste en la construction des infrastructures nécessaires pour permettre le transfert des activités aéronautiques sur la plateforme de Donsin. « Elle était censée s’étendre sur la période 2013-2021 », souligne l’enquête parlementaire.
Quant à la phase 2, elle devrait couvrir la période 2026-2040 et devrait se consacrer à l’expansion « pour faire face à l’augmentation future du trafic. »
Le projet de la MOAD est placé sous la tutelle technique du ministère des transports de la mobilité urbaine et de la sécurité routière et son décret de création date du 19 septembre 2009.
« Le coût actualisé du projet est estimé en 2023 à 577,786 milliards de FCFA. Cette actualisation du coût est intervenue au cours du deuxième semestre de 2023, afin de tenir compte des nouvelles orientations », expliquent les députés.
Par Lomoussa BAZOUN, Sira info