Après un premier semestre difficile, le marché postal burkinabè a rebondi en 2025, porté par une nette accélération au second semestre. Volumes d’envois, chiffre d’affaires, investissements et services financiers postaux affichent tous une progression sur la fin d’année, tandis que le nombre d’opérateurs autorisés passe de 32 à 36 et que la couverture statistique de l’Observatoire du marché postal s’améliore. Mais ce dynamisme retombe dès le premier trimestre 2026, avec un recul de 12 % des envois et de 18 % du chiffre d’affaires par rapport à la même période de 2025.
Au premier trimestre 2025, le marché postal comptait trente-deux opérateurs titulaires d’une autorisation d’exploitation. Ce nombre est resté inchangé au deuxième trimestre avant de passer à trente-six à partir du troisième trimestre.
Parallèlement, le taux de participation à l’Observatoire progresse au fil de l’année. Vingt-deux opérateurs ont transmis leurs statistiques au premier trimestre, vingt-cinq au deuxième, puis vingt-six aux troisième et quatrième trimestres.
À partir du troisième trimestre, l’ARCEP distingue également quatre opérateurs ayant suspendu leurs activités.
Les rapports identifient par ailleurs des opérateurs dits « défaillants », c’est-à-dire n’ayant pas transmis leurs données statistiques. Leur nombre varie d’un trimestre à l’autre. Ils étaient 10 au premier trimestre, 4 au deuxième, 6 au troisième et enfin 6 au quatrième.
Au premier trimestre, les opérateurs déclarent 891 276 envois, soit une baisse totale de 6 % par rapport à la même période de 2024. Le deuxième trimestre enregistre 907 442 envois, composés de 61 % de courriers ordinaires, 32 % de courrier express et 7 % de colis postaux, soit un recul total de 5 % sur un an.
La tendance s’inverse au troisième trimestre avec 1 212 948 envois, composés de 65 % de courriers ordinaires, 26 % de courriers express et 9 % de colis postaux, enregistrant une progression totale de 30 % par rapport au troisième trimestre 2024. La hausse se poursuit au quatrième trimestre, où les volumes atteignent 1 316 154 envois, composés de 68 % de courriers ordinaires, 27 % de courriers express et 5 % de colis postaux, soit une augmentation totale annuelle de 80 %.

La répartition entre trafic intérieur et international demeure relativement stable. Les envois nationaux représentent entre 57 % et 58 % du volume total selon les trimestres, tandis que les envois internationaux en constituent entre 42 % et 43 %. Dans les échanges internationaux, le courrier ordinaire représente, selon les trimestres, entre 39 % et 41 % de l’ensemble du marché postal.
Un chiffre d’affaires cumulé de 10,161 milliards FCFA en 2025
Le chiffre d’affaires global évolue selon une trajectoire proche de celle des volumes.
Il atteint 2,294 milliards de FCFA au premier trimestre, soit une hausse de 22 % par rapport à la même période de 2024. Au deuxième trimestre, il s’établit à 2,287 milliards de FCFA, en baisse de 9 % sur un an.
Le troisième trimestre affiche un chiffre d’affaires de 2,094 milliards de FCFA, en progression de 11 %, avant d’atteindre 3,486 milliards de FCFA au quatrième trimestre, soit une hausse annuelle de 64 %.
Soit un total de 10,161 milliards FCFA pour l’ensemble des opérateurs qui ont déclaré leurs chiffres à l’ARCEP.

Le courrier express demeure le principal contributeur aux recettes du secteur. Sa part varie entre 51 % et 64 % du chiffre d’affaires selon les trimestres. Les colis postaux enregistrent également une contribution allant de 11 % à 18 % entre les trimestres.
Au troisième trimestre, les « autres services » représentent 15 % du chiffre d’affaires global, derrière le courrier express. Au quatrième trimestre, cette catégorie concentre 36 % des recettes du secteur, tandis que les boîtes postales et les mandats postaux demeurent des segments de faible poids dans le chiffre d’affaires.
Les services financiers postaux poursuivent leur progression
Les services financiers postaux demeurent assurés exclusivement par La Poste Burkina Faso dans le cadre du service postal universel. Les services concernés sont les mandats postaux, les transferts électroniques d’argent, les opérations de monnaie mobile et les comptes de dépôt.
Le nombre total de transactions financières postales passe de 15 884 au premier trimestre à 125 834 au deuxième, puis à 188 071 au troisième avant d’atteindre 250 894 opérations au quatrième trimestre.
Les opérations de monnaie mobile, intégrées dans les statistiques à partir du deuxième trimestre, représentent immédiatement plus de la moitié des transactions. Elles concentrent 52 % des opérations au deuxième trimestre et 54 % au quatrième.
Le nombre des mandats postaux enregistre des évolutions contrastées selon les périodes. Il passe de 1 723 (11 %) à 44 264 (35 %) entre le premier et le deuxième trimestre. Et passe également de 43 491 (23 %) à 25 544 (10 %) entre le troisième et le quatrième.

Le nombre de comptes postaux progresse régulièrement, passant de 920 645 au premier trimestre à 969 622 au quatrième. Les comptes d’épargne représentent environ 99 % de l’ensemble des comptes détenus auprès de La Poste Burkina Faso. Ils passent de 912 052 au premier trimestre à 960 479 au quatrième trimestre de 2025. Les comptes courants gardent le 1 % restant.
Les avoirs déposés sur ces comptes suivent également une évolution ascendante, passant de 766,5 milliards de FCFA au premier trimestre à 850,3 milliards de FCFA au quatrième. La part des comptes d’épargne passe de 58 % à 60 % des avoirs sur la période (445,109 à 509,944 milliards FCFA). Et les avoirs des comptes courants passent de 42 % au premier trimestre à 40 % au quatrième trimestre.
Un secteur pourvoyeur d’emplois, une masse salariale de 7 milliards FCFA
Les opérateurs déclarent un effectif de 1 200 salariés au premier trimestre, 1 250 au deuxième, 1 214 au troisième puis 1 315 au quatrième trimestre.
Les hommes représentent entre 62 % et 64 % des effectifs selon les périodes, contre 36 % à 38 % pour les femmes.
La masse salariale s’établit à 1,678 milliard de FCFA au premier trimestre, 1,725 milliard au deuxième, 1,738 milliard au troisième puis 1,885 milliard au quatrième.
Le cumul des quatre trimestres affiche 7,027 milliards FCFA de masse salariale.

En glissement annuel, elle recule de 11 % au premier trimestre, de 13 % au deuxième, demeure proche du niveau observé un an plus tôt au troisième, puis diminue de 21 % au quatrième trimestre.
291 millions FCFA d’investissements en 2025
Les investissements déclarés demeurent limités durant le premier semestre, avec 9,95 millions de FCFA au premier trimestre puis 1,17 million de FCFA au deuxième.
Ils progressent ensuite à 121,24 millions de FCFA au troisième trimestre, principalement en raison de la construction d’une agence représentant environ 116 millions de FCFA, complétée par des acquisitions de matériels destinés aux activités postales.
Au quatrième trimestre, les investissements atteignent 158,72 millions de FCFA. Les opérateurs déclarent notamment la construction de sept nouvelles agences pour un montant supérieur à 150 millions de FCFA ainsi que des acquisitions de matériels de courrier.
Le cumul des quatre trimestres atteint 291,08 millions FCFA.
Les rapports indiquent néanmoins qu’une partie des opérateurs autorisés ne transmet pas systématiquement ses données statistiques. Les résultats de 2025 publiés par l’ARCEP reposent ainsi sur les déclarations des opérateurs répondants et décrivent l’évolution de l’activité observée au sein de cet échantillon.

Les chiffres du premier trimestre 2026, avec 1,8 milliard FCFA de chiffre d’affaires
Au premier trimestre 2026, le Burkina Faso comptait trente-quatre opérateurs titulaires d’une autorisation d’exploitation des activités postales, dont vingt-six ont transmis leurs données à l’Observatoire du marché postal de l’ARCEP.
Les opérateurs déclarent 788 553 envois postaux, contre 891 276 à la même période de 2025, soit une baisse de 12 %. Le courrier ordinaire demeure le principal segment en volume avec 492 370 envois (62 %), devant le courrier express (253 236 envois, 32 %) et les colis postaux (42 947 envois, 5 %). Les envois nationaux représentent 55 % du trafic, contre 45 % pour les échanges internationaux.
Le chiffre d’affaires global s’établit à 1 884 765 240 FCFA, en recul de 18 % par rapport au premier trimestre 2025. Le courrier express reste le principal contributeur aux recettes du secteur avec 69 % du chiffre d’affaires, devant les autres services (17 %) et les colis postaux (8 %).
La Poste BF : les avoirs postaux atteignent 940 milliards FCFA au premier trimestre 2026
Les services financiers postaux totalisent 69 975 transactions, dominées par le mobile money avec 44 091 opérations (63 %), devant les transferts électroniques d’argent (24 161 opérations, 35 %) et les mandats postaux (1 723 opérations, 2 %). La Poste Burkina Faso gérait par ailleurs 955 949 comptes postaux, pour des avoirs de 940,43 milliards de FCFA.
Le secteur employait 1 243 agents au 31 mars 2026, dont 791 hommes et 452 femmes. La masse salariale s’est élevée à 1 689 249 949 FCFA. Les investissements déclarés atteignent 9 954 160 FCFA et concernent notamment la construction de deux agences et l’acquisition de cinquante-deux équipements destinés aux activités postales.
L’ARCEP précise enfin que les statistiques publiées reposent sur les déclarations de vingt-six opérateurs, six opérateurs en activité n’ayant pas transmis leurs données au titre du premier trimestre 2026.
Par Lomoussa BAZOUN, Sira Info




