Les services de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale ont enregistré 778 cas d’enlèvement de mineurs au Burkina Faso en 2025, contre 426 cas en 2024, soit une augmentation de 82,63 %. Les statistiques de la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du ministère chargé de la Sécurité indiquent qu’un total de 3 920 cas a été recensé sur la période 2020-2025.
Selon la définition retenue par le ministère chargé de la Sécurité, l’enlèvement de mineurs correspond au fait, pour quiconque, « par violences, menaces ou fraudes, d’enlever ou de faire enlever un mineur ou de l’entraîner, le détourner ou le déplacer ou de le faire entraîner, détourner ou déplacer des lieux où il était mis par l’autorité ou à la direction desquels il était soumis ou confié ».
Les données disponibles mettent en évidence une évolution contrastée au cours des six dernières années. Les services de sécurité ont enregistré 747 cas en 2020, 915 cas en 2021, 559 cas en 2022, 495 cas en 2023, 426 cas en 2024 et 778 cas en 2025. Après une diminution continue entre 2021 et 2024, le nombre de cas repart ainsi à la hausse en 2025. Malgré cette progression, le niveau observé demeure inférieur au pic de 915 cas enregistré en 2021.

Sur l’ensemble de la période couverte par les statistiques, 3 920 cas d’enlèvement de mineurs ont été enregistrés au Burkina Faso.
Le Goulmou en tête
La répartition régionale des données montre que le Goulmou demeure la région la plus concernée en 2025 avec 305 cas, soit 39,20 % des 778 cas enregistrés à l’échelle nationale. Elle est suivie du Kadiogo, qui comptabilise 92 cas, de Nando avec 80 cas, de Guiriko avec 65 cas, de Yaadga avec 60 cas et de Nakambé avec 58 cas.
Les autres régions présentent des volumes plus faibles. Koulsé enregistre 38 cas, Oubri 37 cas, Djorô 22 cas, Bankui 16 cas, Nazinon 4 cas et Tannounyan 1 cas. La région du Liptako n’a enregistré aucun cas d’enlèvement de mineurs en 2025.
L’évolution entre 2024 et 2025 fait apparaître des hausses dans la majorité des régions. Le Kadiogo passe de 9 cas à 92 cas, le Goulmou de 195 à 305 cas, le Nakambé de 0 à 58 cas, Yaadga de 27 à 60 cas, Nando de 56 à 80 cas, Oubri de 6 à 37 cas, Koulsé de 20 à 38 cas, Bankui de 12 à 16 cas, Guiriko de 63 à 65 cas, Djorô de 21 à 22 cas et Tannounyan de 0 à 1 cas. À l’inverse, Nazinon recule de 15 à 4 cas, tandis que le Liptako passe de 2 cas en 2024 à 0 cas en 2025.

L’analyse des données cumulées entre 2020 et 2025 confirme la prédominance du Goulmou, qui totalise 1 692 cas, soit 43,16 % des 3 920 cas enregistrés au niveau national sur la période. Cette région devance Nando, avec 441 cas, Nakambé (368 cas), Guiriko (334 cas) et Bankui (269 cas).
Les autres régions enregistrent des volumes cumulés inférieurs : Yaadga totalise 171 cas, Kadiogo 158 cas, Nazinon 151 cas, Koulsé 150 cas, Oubri 110 cas, Djorô 59 cas, Liptako 12 cas et Tannounyan 5 cas.
Les statistiques montrent également que les cinq régions enregistrant les plus grands nombres de cas sur la période 2020-2025, à savoir le Goulmou (1 692 cas), Nando (441 cas), Nakambé (368 cas), Guiriko (334 cas) et Bankui (269 cas) cumulent 3 104 cas, soit 79,18 % de l’ensemble des 3 920 cas recensés par les services de sécurité au Burkina Faso durant ces six années.
Par Marie D. SOMDA, Sira Info




