À fin juin 2026, la masse monétaire du Burkina Faso atteint 7 999,8 milliards de FCFA, en hausse de 14,9% depuis décembre 2025. Cette progression est portée principalement par l’augmentation des dépôts bancaires et des avoirs extérieurs.
La quantité de monnaie en circulation dans l’économie burkinabè continue d’augmenter. À fin juin 2026, la masse monétaire atteint 7 999,8 milliards de FCFA, selon les dernières données de la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP).
Cela représente une hausse de 1 036,8 milliards de FCFA (+14,9%) par rapport à décembre 2025.
Cette progression s’explique principalement par l’augmentation des dépôts dans les banques et de l’argent liquide en circulation. Elle intervient alors que les crédits accordés à l’économie restent presque stables et que les créances des banques sur l’État diminuent.
Davantage d’argent dans les banques et en circulation
La hausse de la masse monétaire est principalement liée à deux éléments.
Les dépôts transférables, c’est-à-dire notamment les sommes disponibles sur les comptes bancaires et pouvant être utilisées pour effectuer des paiements, ont augmenté de 717,2 milliards de FCFA (+23,9%), entre fin décembre 2025 et fin juin 2026.
Dans le même temps, la circulation fiduciaire, autrement dit les billets et pièces détenus par les particuliers et les entreprises, a progressé de 190,2 milliards de FCFA (+11,9%).
Sur un an, entre juin 2025 et juin 2026, la masse monétaire a augmenté de 1 768,7 milliards de FCFA, soit une progression de 28,4%.
Cette hausse est notamment portée par les dépôts transférables, qui ont augmenté de 1 024,6 milliards de FCFA (+38,1%), et par la circulation fiduciaire, en hausse de 518,6 milliards de FCFA (+40,7%).
Les avoirs extérieurs progressent fortement
Du côté des éléments qui expliquent cette évolution, les actifs extérieurs nets jouent un rôle important. Il s’agit notamment des avoirs du système financier vis-à-vis de l’extérieur.
À fin juin 2026, ces actifs ont augmenté de 1 064,5 milliards de FCFA (+34,3%) par rapport à décembre 2025.
À l’inverse, les créances intérieures ont diminué de 105,9 milliards de FCFA (-2,1%), ce qui a limité en partie la progression de la masse monétaire.
Sur un an, les actifs extérieurs nets ont toutefois fortement augmenté, de 1 729,7 milliards de FCFA (+71,0%). Les créances intérieures ont, pour leur part, progressé de 42,8 milliards de FCFA (+0,9%).
Les crédits à l’économie restent presque stables
Malgré la forte progression de la masse monétaire, les crédits accordés par les banques à l’économie évoluent peu.
À fin juin 2026, le financement de l’économie par les banques s’élève à 4 049,5 milliards de FCFA, soit seulement 5,4 milliards de FCFA de plus (+0,1%) qu’à fin décembre 2025.
Cette stabilité cache cependant des évolutions différentes selon les catégories d’emprunteurs.
Les crédits accordés aux ménages et aux institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) ont augmenté de 179,2 milliards de FCFA (+10,3%).
En revanche, les crédits destinés au secteur public ont diminué de 88,8 milliards de FCFA (-25,1%).
Les sociétés non financières privées ont également vu leurs crédits reculer de 76,7 milliards de FCFA (-4,0%). Les crédits accordés au secteur financier non bancaire ont diminué de 2,7 milliards de FCFA (-10,0%).
Sur un an, le financement bancaire de l’économie est même en baisse. Il recule de 50,8 milliards de FCFA (-1,2%) par rapport à juin 2025.
Cette évolution est notamment liée à la baisse des crédits accordés au secteur public, qui diminuent de 136,3 milliards de FCFA (-34,0%), et au secteur financier non bancaire, en recul de 6,8 milliards de FCFA (-21,7%).
À l’inverse, les crédits aux ménages et aux ISBLSM augmentent de 61,1 milliards de FCFA (+3,3%). Ceux accordés aux sociétés non financières privées progressent également de 39,5 milliards de FCFA (+2,2%).
Les créances des banques sur l’État diminuent
À fin juin 2026, les créances nettes du système bancaire sur l’Administration centrale s’établissent à 923,3 milliards de FCFA.
Elles ont diminué de 111,3 milliards de FCFA (-10,8%) par rapport à décembre 2025.
Cette baisse résulte cependant de deux évolutions opposées.
Les créances nettes de la BCEAO sur l’Administration centrale ont diminué de 389,8 milliards de FCFA (-340,9%).
Dans le même temps, les créances nettes des banques commerciales sur l’État ont augmenté de 278,5 milliards de FCFA (+30,3%).
Sur un an, la situation est différente. Entre juin 2025 et juin 2026, les créances nettes du système bancaire sur l’Administration centrale ont augmenté de 93,7 milliards de FCFA (+11,3%).
Cette hausse est principalement due aux banques commerciales. Leurs créances nettes sur l’État ont progressé de 450,7 milliards de FCFA (+60,3%).
À l’inverse, les créances nettes de la BCEAO sur l’Administration centrale ont diminué de 357,0 milliards de FCFA (-437,7%) sur la même période.
Par Marie D. SOMDA, Sira Info




