Infrastructures sanitaires : Voici l’évolution de l’effectif des CSPS, CM, CMA… ces cinq dernières années

Alors que la population continue de croître, l’évolution des infrastructures sanitaires au cours des cinq dernières années met en lumière des progrès notables, mais aussi des défis persistants pour garantir un accès équitable et de qualité aux soins.

Les formations sanitaires de base, notamment les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS), restent la pierre angulaire de l’offre de soins au Burkina. Leur nombre est passé de 2 041 en 2020 à 2 266 en 2024, traduisant une volonté de rapprochement des soins aux populations. Toutefois, cette croissance est marquée par une baisse préoccupante du personnel qualifié dans ces structures : seuls 57,1 % des CSPS respectaient les normes de personnel en 2024, contre 89,2 % en 2021, 89,7 % en 2022 et 72,5 % en 2023, marquant ainsi une dégradation préoccupante.

En parallèle, les Centres médicaux (CM) ont connu une croissance rapide, doublant presque en cinq ans, de 71 en 2020 à 144 en 2024. Les Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) restent relativement stables, autour de 46 établissements depuis 2021. Ils étaient 45 en 2020. En revanche, les maternités et dispensaires isolés sont en net recul, témoignant peut-être d’une réorganisation ou d’une absorption de ces structures dans d’autres types de formations.

L’effectif des CHU n’a pas évolué. Ils sont restés au nombre de 6 de 2020 à 2024. Les CHR sont restés au nombre de 9 de 2020 à 2023. Ils sont passés à 10 en 2024.

Émergence forte du secteur privé

Le secteur privé joue un rôle de plus en plus important dans l’offre de soins. Les établissements privés hospitaliers ont augmenté de 165 à 397 entre 2020 et 2024, soit une croissance de 140 %. De même, les établissements de soins non hospitaliers sont passés de 476 à 792 sur la même période.

Le rayon d’action moyen théorique en km (sans le privé) des structures sanitaires sur l’étendue du territoire est passé de 6,2 km en 2020 à 5,9 km en 2024. Quand on prend en compte le privé, ce rayon passe de 5,6 km en 2020 à 5,1 km en 2024.

Des ressources financières sous pression

Le budget du ministère de la Santé a enregistré des hausses notables, atteignant 336,4 milliards F CFA en 2024, contre 234,5 milliards en 2020. Néanmoins, la part de ce budget dans les dépenses globales de l’État est descendue en dessous des normes : 11,79 % en 2024, contre une norme recommandée de 12,7 %.

Les chiffres traduisent une dynamique d’expansion en nombre de structures sanitaires, particulièrement dans le privé. Toutefois, les indicateurs qualitatifs, notamment en personnel et en accessibilité géographique, soulignent des disparités persistantes.

Par Marie D. SOMDA, Sira info

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