Burkina Faso : le port de Lomé, 1er corridor des importations maritimes depuis dix ans, la Côte d’Ivoire domine les exportations

Le Togo demeure le principal pays de transit maritime des marchandises destinées au Burkina Faso en 2024. Selon l’Annuaire statistique 2024 du secteur des transports, publié en octobre 2025 par le ministère chargé de la mobilité, plus de deux millions de tonnes de marchandises ont transité par le port de Lomé au cours de l’année. La Côte d’Ivoire, avec les ports d’Abidjan et de San Pedro, occupe la deuxième place, suivie du Ghana et du Bénin.

Au total, les importations maritimes du Burkina Faso se sont élevées à 5 399 671 tonnes en 2024, contre 5 800 590 tonnes en 2023, soit une baisse d’environ 6,9 %. Malgré ce recul annuel, les principaux corridors maritimes du pays demeurent inchangés.

Le Togo conserve la première place grâce au port de Lomé, qui a traité 2 099 767 tonnes de marchandises destinées au Burkina Faso. Ce volume représente près de 39 % de l’ensemble des importations maritimes du pays. Bien qu’en baisse par rapport aux 2 615 570 tonnes enregistrées en 2023, Lomé reste la principale porte d’entrée des marchandises burkinabè.

La Côte d’Ivoire se classe au deuxième rang. Les ports d’Abidjan et de San Pedro ont acheminé ensemble 2 060 472 tonnes de marchandises vers le Burkina Faso en 2024. Le port d’Abidjan concentre l’essentiel de ce trafic avec 1 955 732 tonnes, tandis que San Pedro enregistre 104 740 tonnes. L’écart avec le corridor togolais est de 39 295 tonnes.

Entre 2015 et 2024, c’est uniquement en 2015 et en 2022 que les marchandises qui ont transité par le port d’Abidjan dépasse celles qui transitent par le port de Lomé.

Le Ghana occupe la troisième place avec 1 163 634 tonnes, entièrement assurées par le port de Tema. Ce corridor enregistre une progression par rapport à 2023, où il avait traité 969 397 tonnes. En revanche, le port de Takoradi ne comptabilise aucun trafic à destination du Burkina Faso en 2024, comme l’année précédente.

Le Bénin ferme le classement. Le port de Cotonou a assuré le transit de 75 799 tonnes de marchandises, contre 12 024 tonnes en 2023. Malgré cette progression, son poids demeure limité par rapport aux trois principaux corridors maritimes.

Une hiérarchie relativement stable depuis dix ans

Les données couvrant la période 2015-2024 montrent une stabilité des principaux pays de transit utilisés par le Burkina Faso.

Le Togo s’est progressivement imposé comme le principal corridor maritime au cours de la décennie. Les volumes transitant par Lomé sont passés de 691 140 tonnes en 2015 à plus de 2 millions de tonnes en 2024. Le port togolais a notamment franchi le seuil des deux millions de tonnes en 2022 avant d’atteindre son niveau le plus élevé en 2023 avec 2 615 570 tonnes.

La Côte d’Ivoire est restée le deuxième grand corridor maritime du Burkina Faso. Le port d’Abidjan a traité chaque année des volumes compris entre environ 800 000 tonnes et plus de 2 millions de tonnes au cours de la période. L’apparition du port de San Pedro dans les statistiques ces dernières années renforce le poids du corridor ivoirien dans les échanges commerciaux du Burkina Faso.

Le Ghana a consolidé sa troisième place grâce à la progression régulière du port de Tema. Les volumes y ont fortement augmenté au cours de la décennie, dépassant pour la première fois le million de tonnes en 2024.

Le Bénin, à travers le port de Cotonou, demeure un corridor secondaire. Les volumes enregistrés restent largement inférieurs à ceux observés au Togo, en Côte d’Ivoire et au Ghana, même si une hausse est constatée en 2024.

Des exportations toujours dominées par la Côte d’Ivoire

Pour les exportations maritimes, la hiérarchie diffère de celle des importations.

En 2024, la Côte d’Ivoire demeure la principale porte de sortie des marchandises burkinabè avec 95 179 tonnes, réparties entre 87 174 tonnes via le port d’Abidjan et 8 005 tonnes via San Pedro.

Le Togo arrive en deuxième position avec 48 090 tonnes, suivi du Ghana (12 941 tonnes) et du Bénin (901 tonnes).

Au total, les exportations maritimes du Burkina Faso se sont établies à 157 111 tonnes en 2024, contre 215 879 tonnes en 2023.

Les statistiques de l’Annuaire 2024 confirment ainsi que le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana concentrent l’essentiel du commerce maritime du Burkina Faso. À eux seuls, ces trois pays ont assuré plus de 98 % des importations maritimes du pays en 2024, confirmant leur rôle central dans l’approvisionnement de l’économie burkinabè.

Par Lomoussa BAZOUN, Sira Info

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