Burkina Faso : Quels secteurs captent les crédits bancaires ?

À fin février 2026, les utilisations de crédits déclarées à la Centrale des risques au Burkina Faso atteignent 3 730,410 milliards de FCFA, selon la BCEAO. Services à la collectivité, commerce, industries manufacturières… quels sont les secteurs qui captent le plus de financement bancaire ?

Les 16 établissements bancaires du Burkina Faso figurant dans le classement de la Commission bancaire de l’UMOA cumulent 4 444,518 milliards de FCFA d’encours de crédits accordés au 31 décembre 2025. Il s’agit de l’encours à cette date et non du montant des nouveaux crédits accordés au cours de l’année 2025.

Coris Bank International arrive en tête avec 1 218,808 milliards de FCFA. Elle est suivie par Bank Of Africa Burkina Faso (BOA), avec 474,064 milliards, puis Ecobank Burkina, avec 456,516 milliards. Vista Bank Burkina occupe le quatrième rang avec 393,471 milliards, devant Société Générale Burkina Faso, à 287,731 milliards.

Le classement des crédits à fin 2025

Les huit premiers établissements totalisent à eux seuls 3 551,757 milliards de FCFA, soit environ 79,9 % de l’encours cumulé des 16 banques. Ce groupe de tête est composé de Coris Bank International, Bank Of Africa Burkina Faso, Ecobank Burkina, Vista Bank Burkina, Société Générale Burkina Faso, Banque de l’Union Burkina Faso, Banque Atlantique Burkina Faso et Banque Commerciale du Burkina.

Les statistiques de la BCEAO apportent un autre niveau de lecture sur les financements bancaires. À fin février 2026, les utilisations de crédits déclarées à la Centrale des risques au Burkina Faso atteignent 3 730,410 milliards de FCFA.

La Centrale des risques est le dispositif de la BCEAO qui collecte auprès des établissements de crédit les informations sur les crédits déclarés afin notamment de suivre l’endettement et les risques liés aux emprunteurs.

La répartition par branche d’activité place en première position la catégorie « Services fournis à la collectivité, services sociaux et personnels », avec 1 200,142 milliards de FCFA, soit 32,2 % du total.

Cette catégorie comprend notamment les services sociaux fournis à la collectivité, les prêts aux particuliers et les autres services.

Les prêts aux particuliers représentent 620,984 milliards de FCFA, dont 66,240 milliards à court terme et 554,744 milliards à moyen et long termes.

Les services sociaux fournis à la collectivité totalisent 235,476 milliards de FCFA, tandis que la rubrique « autres » atteint 343,682 milliards.

Elle est suivie de la catégorie « commerce de gros et de détail, restaurants et hôtels », avec 874,952 milliards, soit 23,5 %.

Les industries manufacturières arrivent en troisième position avec 363,082 milliards de FCFA, soit 9,7 % du total. Dans cette catégorie, les industries textiles, de l’habillement et du cuir représentent 130,937 milliards de FCFA. Elles sont suivies des autres industries manufacturières avec 105,423 milliards, puis de la fabrication de produits alimentaires, boissons et tabacs avec 96,577 milliards. Les industries chimiques représentent 30,145 milliards.

Les crédits des industries manufacturières devancent ceux des assurances, des affaires immobilières et des services aux entreprises, avec 315,801 milliards, soit 8,5 % du total.

Viennent ensuite les bâtiments et travaux publics, avec 290,874 milliards de FCFA (7,8 %), puis les transports, entrepôts et communications, avec 258,812 milliards (6,9 %).

Quant aux industries extractives, elles représentent 205,483 milliards de FCFA d’utilisations de crédits déclarées, soit 5,5 % du total.

La branche électricité, gaz et eau totalise 145,257 milliards de FCFA (3,9 %), devant l’agriculture, la sylviculture et la pêche, qui ferment la marche avec 76,004 milliards de FCFA, soit 2 % du total.

Cette vue d’ensemble confirme la prédominance des services et du commerce dans les financements bancaires, mais montre également que le secteur du bâtiment et des travaux publics, ainsi que celui des transports, pèsent davantage que les industries extractives dans les utilisations de crédits déclarées, dépassent en volume l’agriculture, secteur essentiel à l’économie burkinabè.

Par Marie D. SOMDA, Sira Info

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