Burkina Faso : salaires, investissements, intérêts… comment évoluent les dépenses de l’administration centrale entre 2016 et 2025

Les dépenses totales de l’administration centrale burkinabè sont passées de 1 647 milliards de FCFA en 2016 à 4 038,3 milliards en 2025. Les salaires, les investissements et les transferts courants figurent parmi les principaux postes de dépenses. Sur la même période, les intérêts dus sur la dette ont aussi connu une progression.

Les dépenses de l’administration centrale du Burkina Faso ont progressé de 145,2 % entre 2016 et 2025, selon les données de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP). Elles sont passées de 1 647 milliards de FCFA à 4 038,3 milliards, soit une augmentation de 2 391,3 milliards de FCFA.

L’évolution n’a pas été régulière. Les dépenses totales sont passées de 2 201,3 milliards de FCFA en 2019 à 2 544,3 milliards en 2020, puis à 3 831,4 milliards en 2022. Elles ont reculé à 3 590,1 milliards en 2023, avant de remonter à 3 897,9 milliards en 2024 et à 4 038,3 milliards en 2025.

Les dépenses courantes représentent 64,9 % du total

En 2025, les dépenses courantes se sont établies à 2 620,1 milliards de FCFA, contre 1 418,2 milliards pour les dépenses en capital. Elles représentent respectivement 64,9 % et 35,1 % des dépenses totales de l’administration centrale.

Le total de 4 038,3 milliards de FCFA correspond à la somme des dépenses courantes et des dépenses en capital, hors prêts nets. Ces derniers s’élèvent à 45,1 milliards de FCFA en 2025. En les intégrant, le total des dépenses et des prêts nets atteint 4 083,4 milliards. Mais les parts en pourcentage présentées dans l’article sont calculées sur la base des dépenses totales de 4 038,3 milliards de FCFA.

Les dépenses courantes comprennent notamment les salaires, les dépenses de fonctionnement, les intérêts dus sur la dette et les transferts courants. Les dépenses en capital regroupent les investissements financés sur ressources propres ou extérieures, ainsi que les transferts en capital et les opérations de restructuration.

Entre 2016 et 2025, les dépenses courantes sont passées de 1 118,7 à 2 620,1 milliards de FCFA, soit une hausse de 134,2 %. Les dépenses en capital ont progressé de 528,2 à 1 418,2 milliards, soit une augmentation de 168,5 %.

Les salaires constituent le premier poste individuel de dépenses

Les salaires constituent le principal poste individuel de dépenses. Leur montant est passé de 554,5 milliards de FCFA en 2016 à 1 272,8 milliards en 2025, soit une hausse de 129,5 %.

En 2025, les salaires représentent environ 31,5 % des dépenses totales de l’administration centrale et 48,6 % des dépenses courantes.

Les dépenses de fonctionnement ont atteint 348,9 milliards de FCFA en 2025, contre 128 milliards en 2016. Elles ont ainsi progressé de 172,6 % sur la période.

Les transferts courants se sont établis à 638,9 milliards de FCFA en 2025, contre 370,9 milliards en 2016, soit une augmentation de 72,3 %.

Leur évolution a été irrégulière : ils ont atteint 1 108,9 milliards de FCFA en 2022, avant de reculer à 602,8 milliards en 2023 puis à 506,7 milliards en 2024, et de remonter à 638,9 milliards en 2025.

Les intérêts de la dette atteignent 359,5 milliards de FCFA

Les intérêts dus sur la dette figurent parmi les postes dont la progression a été la plus forte entre 2016 et 2025. Ils sont passés de 65,3 milliards de FCFA à 359,5 milliards, soit une hausse de 450,5 %.

Cette progression concerne principalement les intérêts sur la dette intérieure, qui sont passés de 48,5 milliards de FCFA en 2016 à 304,8 milliards en 2025, soit une augmentation de 528,5 %. Les intérêts sur la dette extérieure ont évolué de 16,8 à 54,7 milliards de FCFA, soit une hausse de 225,6 %.

En 2025, les intérêts dus représentent environ 8,9 % des dépenses totales de l’administration centrale. Ces montants correspondent au coût des intérêts et non au remboursement du principal de la dette.

Plus de 1 400 milliards de FCFA de dépenses en capital en 2025

Les dépenses en capital ont atteint 1 418,2 milliards de FCFA en 2025. Elles comprennent 856,9 milliards d’investissements sur ressources propres, 517 milliards d’investissements sur ressources extérieures et 44,3 milliards de transferts en capital et de restructurations.

Les investissements sur ressources propres représentent environ 60,4 % des dépenses en capital, contre 36,5 % pour les investissements sur ressources extérieures. Les transferts en capital et les restructurations en constituent environ 3,1 %.

En 2016, les investissements sur ressources propres s’élevaient à 338,6 milliards de FCFA, tandis que ceux financés sur ressources extérieures atteignaient 182,7 milliards. Entre 2016 et 2025, ces deux postes ont respectivement progressé de 153,1 % et de 183,0 %.

Par Marie D. SOMDA, Sira Info

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