A Ouagadougou, des dizaines de femmes et quelques hommes mettent à profit le bas-fond qui sépare les quartiers Karpala, Balkuy et la Trame d’accueil. Ils produisent principalement de la menthe. Cette plante utilisée pour le thé est particulièrement très prisée en ce temps de Carême. Sa production est un peu exigeante. Les producteurs et productrices sont confrontés à un problème majeur. L’eau du bas-fond a tari et laisse les producteurs dans une situation délicate. Des forages devraient y être réalisés mais se font toujours attendre.
Le soleil est au zénith. En ce début avril, il fait 43 degrés de température. Mais elles sont là, en sueur. Sous ce soleil de plomb et cette chaleur suffocante, les productrices de menthe dans le bas-fond situé entre Karpala, Balkuy et la Trame D’Accueil ont le cœur à l’ouvrage. Tout au long du bas-fond venu de Ouaga 2000 pour rallier le quartier Ouidtenga en traversant Karpala, elles sont des dizaines à avoir fait de la culture de la menthe une source de revenue. Comme si le soleil n’avait aucun effet sur elles, elles sont soit au milieu des planches de menthe pour désherber soit pour arroser. A l’aide de seaux ou d’arrosoirs, elles puisent l’eau dans de petits puits occasionnels qu’elles ont elles-mêmes creusés. D’autres utilisent des tuyaux pour canaliser l’eau jusqu’à leurs portions de terre. Elles se servent d’un groupe électrogène ou de bouteilles de gaz modifiées pour parer à l’urgence.

Celles qui sont sur le terrain ici vendent la planche de menthe à 2000 FCFA.
Il y a toute une organisation autour du marché de la menthe vendue dans les marchés. Toute une chaine. Celles qui sont au bas-fond se contentent de la production de la menthe. Mais d’autres sont chargées de la récolte et du transport vers les différents marchés, domiciles et autres clients fidèles. Il y a aussi celles qui sont installées dans les marchés et qui commercialisent les feuilles de menthe en détail. Et chacune y gagne son compte, selon les confidences sur le terrain. Celles qui sont sur le terrain ici vendent la planche de menthe à 2000 FCFA. Modique somme, diront certains, qui soulage pourtant des familles entières. « Si on ne fait pas ça, on va faire quoi ? Il n’y a pas de travail. On se débrouille avec ce qu’on gagne pour nourrir nos enfants. C’est dur mais on n’a pas d’autre choix », laisse entendre la plus jeune du groupe.
Ces productrices sont cependant confrontées à des difficultés dont la plus cruciale est relative à la disponibilité de l’eau. Le bas-fond qui disponibilise l’eau pour l’arrosage des plantes se meurt au fil des années. L’eau se faisant très rare, elles ont creusé des puits un peu partout.

Une réalisation de forages qui n’est pas allée jusqu’au bout
Pourtant, des traces d’installation de forage sont perceptibles. Elles lancent donc un cri de cœur. « Il y pratiquement 3 ans de cela que des gens étaient venus implanter ce que vous voyez. Jusqu’à ce jour, ils ne sont plus revenus. On attend toujours. Avec un forage ici, on va moins souffrir ».

La menthe est entrée dans les habitudes alimentaires des Burkinabè. Elle est surtout utilisée pour aromatiser le thé. Les productrices essaient donc à leur façon de satisfaire la demande malgré les conditions de production assez difficiles.
Par Judichaël KAMBIRE, Sira info




