Fonction publique : 3 834 irrégularités identifiées dans le traitement des salaires

Le Conseil des ministres a rendu public les résultats d’un vaste chantier d’assainissement de la masse salariale de la fonction publique burkinabè. Un exercice de rapprochement entre le fichier de paie et les registres de personnel des ministères a mis au jour des irrégularités significatives, conduisant à des suspensions de salaires et à des économies chiffrées en milliards de francs CFA.

En novembre 2025, l’État burkinabè rémunérait 207 903 agents via le Système intégré de gestion administrative et salariale du personnel de l’État (SIGASPE). C’est sur cette base que les services compétents ont engagé un travail de croisement avec les registres administratifs des ministères et institutions.

Le résultat de ce rapprochement a fait apparaître trois catégories bien distinctes. D’abord, 34 901 agents figuraient dans les registres administratifs sans être présents dans le fichier de paie, une situation qui peut s’expliquer par des mises à la retraite, des disponibilités, des détachements ou des délais de mandatement. Ensuite, 193 423 agents ont été retrouvés de façon concordante dans les deux bases, constituant le noyau régulier de la fonction publique. Enfin, et c’est là que le bât blesse, 14 480 agents étaient rémunérés par le SIGASPE sans apparaître dans aucun registre transmis par les ministères.

1 488 salaires suspendus, des fantômes dans le système

L’analyse approfondie de ces 14 480 cas suspects, couplée à un examen de la position administrative des agents concordants, a débouché sur des conclusions sans équivoque. 1 488 agents percevaient une rémunération sans droit : décédés, retraités, ayant abandonné leur poste ou placés dans une situation administrative non conforme, ils continuaient pourtant d’être payés par le Trésor public. Selon le compte rendu du conseil des ministres, leurs salaires ont été immédiatement suspendus.

Parallèlement, une autre anomalie a été mise en évidence : 2 346 agents en position de stage touchaient des indemnités de terrain, alors que la réglementation ne leur ouvre droit qu’à la seule indemnité d’astreinte de stage. Une confusion aux conséquences financières considérables.

5,66 milliards F CFA d’économies potentielles par an

Les chiffres avancés par le gouvernement donnent la mesure de l’hémorragie financière ainsi colmatée.

Les seules suspensions de salaires représentent une économie annuelle estimée à 2,43 milliards FCFA, selon le document. En y ajoutant la correction des indemnités indûment versées aux stagiaires, l’impact financier global pourrait atteindre 5,66 milliards F CFA par an. À cela s’ajoute un volet recouvrement : les sommes déjà versées à tort et identifiées comme devant être remboursées sont évaluées à 919 132 374 F CFA.

Par Marie D. SOMDA, Sira Info

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