Dans le cadre du démantèlement de deux réseaux criminels par le Commissariat de Police de l’Arrondissement (CPA) n°08 de Ouagadougou, l’affaire de la filière or détonne par son incroyable mise en scène.
C’est un double coup de filet spectaculaire que vient de réussir la Police nationale burkinabè. Le Commissariat de Police de l’Arrondissement (CPA) n°08 de Ouagadougou a mis la main sur deux réseaux distincts dans la capitale : l’un spécialisé dans l’escroquerie à grande échelle autour de l’or, l’autre spécialisé dans les agressions à main armée.
Un faux avocat international au cœur d’une arnaque à l’or
La première affaire relève d’un scénario digne d’un film policier. Un individu se présentant comme un avocat international avait soigneusement monté une opération frauduleuse d’envergure depuis l’étranger. Son objectif : mettre la main sur 150 kilogrammes d’or sans débourser le moindre franc. « Il ne disposait pas de moyens financiers nécessaires » pour acquérir les 150 kg d’or.
Pour y parvenir, il avait recruté des complices au Burkina, un mélange d’expatriés et de ressortissants burkinabè, chargés de localiser un fournisseur d’or crédible sur le territoire national. L’escroc en chef avait même fait le déplacement jusqu’à Ouagadougou pour superviser l’opération, accompagné de ses acolytes. « Plusieurs autres personnes ont été approchées, notamment un individu opérant illicitement dans l’achat et la vente d’or. », souligne la police.

L’affaire a rapidement pris une tournure complexe. Le réseau s’est scindé en deux sous-groupes aux intentions tout aussi lugubres l’une que l’autre : d’un côté, le clan des prétendus acheteurs, qui cherchaient à soutirer de l’argent à une personne fortunée pour financer l’acquisition de l’or ; de l’autre, le clan des vendeurs, qui projetaient de leur remettre de faux lingots d’or en guise de marchandise. « Le clan des acheteurs qui cherchaient à escroquer une personne nantie sur place pour acquérir l’or et celui des vendeurs qui, à leur tour, voulaient escroquer les acheteurs en leur proposant de faux lingots d’or. », révèle la police.
Une sorte d’escroquerie dans l’escroquerie, chacun cherchant à rouler « l’autre dans la farine », pendant que les enquêteurs, informés des manœuvres en cours, resserraient discrètement l’étau autour d’eux.
Le préjudice potentiel évité par cette intervention est estimé à plus de 400 millions de FCFA.
Un duo de braqueurs nocturnes neutralisé
Le second réseau, plus violent, opérait sur un tout autre registre. Composé de deux individus aux lourds antécédents judiciaires, ce binôme de repris de justice s’était spécialisé dans les agressions à main armée contre des commerces et des domiciles.
Méthodiques et rodés, ils procédaient à des repérages nocturnes dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment Karpala, Yagma, Bassinko et Bissighin, avant de passer à l’acte. Une organisation millimétrée qui leur avait permis d’opérer un certain temps avant que les forces de l’ordre ne les rattrapent.
Au terme de ces opérations, les enquêteurs ont procédé à d’importantes saisies : un pistolet automatique, des munitions, une caisse contenant des lingots d’un métal assimilable à de l’or ainsi que des balances de pesage utilisées dans le cadre de l’escroquerie.
Mais selon la police, ces succès n’auraient pas été possibles sans le concours décisif des populations locales, dont les signalements ont permis aux policiers d’agir en temps utile.
Par Marie D. SOMDA, Sira Info




