Le Burkina Faso accueille depuis plusieurs années de nombreuses Organisations non gouvernementales (ONG), Associations de développement (AD) et fondations, tant nationales qu’étrangères. Depuis une dizaine d’années, le pays s’efforce d’évaluer les actions menées par ces organisations sur son territoire. Selon le ministre de l’Économie, Aboubacar Nacanabo, cette démarche permet « d’identifier leurs réussites, leurs limites et les pistes d’amélioration ».
« L’année 2023 a été encore éprouvante pour notre pays, confronté à des crises multiformes, notamment sécuritaires et humanitaires. Dans ce contexte, les ONG, AD et fondations ont joué un rôle crucial pour atténuer les souffrances des populations, notamment dans le domaine de la santé », déclare le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, dans l’avant-propos du Rapport 2023 sur la contribution des ONG, Associations de développement et fondations au développement du Burkina Faso. Ce document émane de la Direction générale de la coopération (DGCOP).
Le rapport indique que les ONG, AD et fondations ont maintenu leur engagement au Burkina Faso en 2023. Leurs investissements cumulés atteignent 217,47 milliards de FCFA, enregistrant une légère hausse de 1,13 % par rapport à 2022 (215,04 milliards de FCFA).
Le secteur « travail, emploi et protection sociale » en tête des investissements
Ces contributions se sont principalement concentrées sur les secteurs sociaux. Le secteur du travail, de l’emploi et de la protection sociale arrive en tête avec 70,61 milliards de FCFA, suivi par la santé (39,95 milliards FCFA), la production agro-sylvo-pastorale (34,30 milliards FCFA), l’éducation et la formation (25,56 milliards FCFA), ainsi que l’environnement, l’eau et l’assainissement (22,70 milliards FCFA).
Le thème retenu pour 2023, « Contribution des ONG/AD et Fondations à la prise en charge sanitaire des populations dans le contexte sécuritaire au Burkina Faso », a orienté une grande partie des actions. Celles-ci s’inscrivent dans la mise en œuvre de l’Axe 3 du PNDES (Plan national de développement économique et social), qui vise à renforcer le développement du capital humain et la solidarité nationale.
Dans les zones affectées par l’insécurité, les ONG ont joué un rôle crucial, selon le rapport. Elles ont contribué à renforcer l’offre de soins dans les centres de santé fonctionnels, en particulier ceux accueillant des personnes déplacées internes (PDI). Leurs interventions ont compris le déploiement d’équipes médicales mobiles dans des zones enclavées, la formation du personnel de santé et des agents de santé à base communautaire (ASBC), ainsi que le renforcement des équipements médicaux dans plusieurs établissements de santé.
Près de 19 milliards pour les PDI entre 2019 et 2023
Entre 2019 et 2023, les initiatives en faveur des PDI et des communautés affectées par la crise ont représenté un investissement cumulé de 18,81 milliards de FCFA.
Si les actions des ONG, Associations de développement (AD) et Fondations s’adressent à l’ensemble de la population burkinabè, elles ciblent en priorité les groupes les plus vulnérables. C’est ce que révèle le Rapport 2023 sur la contribution des ONG, AD et Fondations au développement du Burkina Faso, publié par la Direction générale de la coopération (DGCOP).
En tête des groupes cibles figurent les femmes, bénéficiaires de l’appui de 237 ONG, AD et Fondations. Ces interventions prennent diverses formes : autonomisation économique, santé maternelle, lutte contre les violences basées sur le genre, alphabétisation, ou encore appui aux activités génératrices de revenus.
Les jeunes, les enfants et les PDI aussi fortement ciblés
Viennent ensuite les élèves, étudiants et apprenants, accompagnés par 186 ONG et Fondations, à travers des actions telles que la distribution de fournitures scolaires, la réhabilitation d’infrastructures éducatives, ou encore le soutien à la formation professionnelle.
Les enfants et nourrissons, très exposés à la malnutrition et aux maladies infantiles, sont ciblés par 176 organisations, notamment à travers des programmes de santé et de nutrition.
Les personnes déplacées internes (PDI) et les populations hôtes constituent également un groupe prioritaire, avec 159 ONG, AD et Fondations mobilisées pour leur apporter assistance humanitaire, soins de santé, logement d’urgence ou éducation.
Appui aux producteurs, personnes vivant avec un handicap et organisations communautaires
Outre ces groupes, le rapport souligne également l’attention portée aux producteurs agricoles, organisations paysannes, et personnes vivant avec un handicap, chacun bénéficiant du soutien de plus d’une centaine d’ONG et Fondations. L’objectif est de renforcer leur résilience, notamment face aux effets combinés du changement climatique, de l’insécurité et de la crise économique.
Enfin, comme les années précédentes, les structures étatiques bénéficient de manière plus marginale de l’appui direct des ONG et Fondations.
397 ONG, AD et fondations sur le terrain en 2023
En 2023, 397 ONG, AD et fondations nationales et étrangères ont été actives dans les efforts de développement au Burkina Faso, selon la base de données de la DP-ONG, contre 370 en 2022. Les organisations étrangères représentaient 83,63 % du total. Cette forte présence s’explique, selon le rapport, par « l’existence d’une législation favorable, des relations historiques entretenues par le Burkina Faso avec certains pays, ainsi que les besoins humanitaires croissants ».
Les ONG nationales, quant à elles, représentaient 16,37 % du total. En comparaison, elles étaient 49 en 2022, soit 12,73 % des ONG, AD et fondations actives cette année-là.
Par Marie D. SOMDA, Sira Info




