Burkina : Les dépôts bancaires et la liquidité en circulation ont augmenté en 2025

Alors que la masse monétaire burkinabè a bondi de 17,4 % en 2025, les crédits aux entreprises ont reculé, contrairement aux financements accordés à l’État, en forte hausse.

L’argent a davantage circulé dans l’économie burkinabè en 2025. Selon les données monétaires publiées à la fin de l’année, la quantité totale d’argent disponible dans le pays a fortement augmenté, atteignant 6 963 milliards de FCFA, soit une hausse de 1 030,8 milliards (17,4 %) par rapport à 2024, selon les données de la Direction générale de l’Économie et de la Planification (DGEP), structure technique burkinabè chargée de l’économie.

Cette évolution s’explique notamment par la hausse des sommes déposées dans les banques et par l’augmentation des billets et pièces en circulation.

Les dépôts bancaires ont connu une augmentation de 684 milliards de FCFA (+14,6 %), tandis que l’argent liquide en circulation était en hausse de 346,8 milliards de FCFA, soit +27,6 %, selon la DGEP.

Sur les échanges avec l’extérieur, « la progression de la masse monétaire au cours de l’année 2025 s’explique principalement par la forte augmentation des actifs extérieurs nets de 1 025,2 milliards (+49,4 %), en lien avec le profil favorable des comptes extérieurs », révèle le document.

En termes simples, davantage de ressources financières sont entrées dans le pays qu’il n’en est sorti. Cette situation a permis de renforcer les réserves financières du système bancaire et d’augmenter les liquidités disponibles dans l’économie.

Moins de prêts accordés aux acteurs économiques

Malgré cette abondance d’argent, les banques ont accordé moins de crédits aux acteurs économiques du pays en 2025.

À la fin de l’année 2025, selon le rapport, les prêts accordés aux entreprises et aux autres acteurs économiques s’élevaient à 4 044 milliards de FCFA, en baisse de 265,8 milliards de FCFA par rapport à 2024, soit une baisse de 6,2 %.

« Cette contraction s’explique essentiellement par la diminution des crédits accordés aux sociétés non financières publiques et privées, respectivement de 125,3 milliards de FCFA (-27,9 %) et 172,7 milliards de FCFA (-8,4 %) », souligne la DGEP. Le document ne donne pas les raisons de ce repli de financement.

État et banques privées, le tandem

Pendant que les crédits aux entreprises diminuaient, l’État a davantage eu recours au système bancaire pour financer ses besoins.

Le solde net de ce que l’État doit aux banques, une fois ses propres dépôts déduits, a augmenté de 395 milliards de FCFA en un an, soit une progression de près de 62 %. Voici ce que dit le document : « Les créances nettes sur l’Administration centrale s’élèvent à 1 034,6 milliards de FCFA à fin décembre 2025, en augmentation de 395 milliards (+61,7 %) par rapport à fin décembre 2024. »

Cette hausse provient essentiellement des banques commerciales, qui ont renforcé leurs financements en faveur de l’État : ce financement net a progressé de 452,3 milliards de FCFA (+96,7 %). En revanche, le concours net accordé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a diminué de 57,4 milliards de FCFA (-33,4 %).

Les chiffres de 2025 montrent donc une économie où l’argent est plus abondant qu’auparavant. Les dépôts bancaires augmentent, davantage de liquidités circulent et les ressources venant de l’extérieur se renforcent.

Cependant, cette amélioration ne s’est pas traduite par une hausse des crédits aux entreprises, pourtant essentielles à la création d’emplois et à la production de richesses. Dans le même temps, les besoins de financement de l’État ont continué de croître.

Par Marie D. SOMDA, Sira info

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