Au premier trimestre 2026, la masse monétaire du Burkina Faso a progressé de 803,7 milliards de FCFA (+11,5 %), pour atteindre 7 766,8 milliards de FCFA à fin mars, selon la DGEP. Cette hausse s’explique principalement par un afflux de devises étrangères et une progression des dépôts bancaires, tandis que les crédits accordés à l’économie ont légèrement reculé.
Les Burkinabè et les entreprises ont placé davantage d’argent dans les banques au premier trimestre 2026. Selon la dernière note de conjoncture de la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP), les dépôts bancaires ont progressé de 590,3 milliards de FCFA entre fin décembre 2025 et fin mars 2026, portant l’ensemble de la masse monétaire à 7 766,8 milliards de FCFA.
La masse monétaire, en termes simples, représente tout l’argent disponible dans l’économie : les billets et les pièces en circulation, mais aussi l’argent déposé sur les comptes bancaires.
À la fin du mois de mars 2026, cette masse monétaire a augmenté. Selon les dernières données de la DGEP, établies à partir des statistiques de la BCEAO, elle a atteint 7 766,8 milliards de FCFA, contre 6 963 milliards de FCFA à la fin de décembre 2025.
En trois mois, cela représente une augmentation de 803,7 milliards de FCFA, soit 11,5 %.
Pourquoi cette forte augmentation ?
Cette progression s’explique d’abord par une hausse des billets et pièces en circulation, qui ont augmenté de 213,4 milliards de FCFA (+13,3 %). Les dépôts dans les banques ont également augmenté de 590,3 milliards de FCFA (+11 %).
Mais la principale raison serait l’afflux de devises venues de l’étranger, selon le rapport.
Les avoirs extérieurs nets, c’est-à-dire les réserves en devises et/ou en or détenues par le système bancaire burkinabè, ont augmenté de 839,7 milliards de FCFA (+27,1 %) en trois mois.
En termes simples, cela signifie que le Burkina Faso a enregistré davantage d’entrées de devises sur le territoire qu’il n’y a eu de sorties. Ces entrées peuvent provenir des exportations, des transferts d’argent envoyés par les Burkinabè vivant à l’étranger ou encore de financements extérieurs.
Dans le même temps, les créances intérieures, qui correspondent notamment aux crédits accordés dans le pays, ont légèrement diminué (-0,7 %).
Comparée à mars 2025, la masse monétaire a progressé de 1 645,5 milliards de FCFA, soit 26,9 %.
Cette évolution est principalement liée à l’augmentation des réserves extérieures (+68 %), à la hausse des billets en circulation (+39,3 %), des dépôts bancaires (+23,5 %) ainsi qu’à l’augmentation des crédits accordés à l’Administration centrale du pays (+46,6 %).
Les banques financent toujours un peu moins l’économie
Comme au dernier trimestre de 2025, et malgré la hausse de la quantité de monnaie disponible, les banques ont légèrement réduit les crédits accordés à l’économie.
À fin mars 2026, les crédits destinés aux entreprises, aux ménages et aux autres acteurs économiques s’élevaient à 3 983 milliards de FCFA, contre 4 044,1 milliards trois mois plus tôt, soit une baisse de 61 milliards de FCFA (-1,5 %).
Ce recul s’explique surtout par la diminution des crédits accordés au secteur public (-24,4 %). Les prêts aux sociétés privées ont très légèrement reculé (-0,1 %).
En revanche, les ménages ont continué à bénéficier de davantage de crédits, avec une hausse de 22,3 milliards de FCFA (+1,3 %).
Sur un an, les crédits accordés à l’économie sont également en baisse de 160 milliards de FCFA (-3,9 %), principalement en raison du recul des financements accordés au secteur public.
L’État se tourne davantage vers les banques commerciales
Les chiffres montrent également une évolution dans la manière dont l’État se finance.
À fin mars 2026, les créances nettes du système bancaire sur l’Administration centrale atteignaient 1 062,1 milliards de FCFA, en hausse de 27,4 milliards (+2,7 %) par rapport à décembre 2025.
Cette progression est due à l’augmentation des financements accordés par les banques commerciales à l’État (+223,2 milliards de FCFA). À l’inverse, les créances détenues par la BCEAO sur l’État ont diminué de 195,7 milliards de FCFA.
Autrement dit, l’État s’appuie davantage sur les banques commerciales pour financer ses besoins, tandis que la Banque centrale intervient moins qu’auparavant.
Ce qu’il faut retenir
Ces chiffres montrent avant tout que davantage de monnaie circule dans l’économie burkinabè, principalement grâce au renforcement des réserves extérieures du pays.
En revanche, cette évolution ne signifie pas automatiquement que les revenus des ménages ont augmenté ou que le coût de la vie va baisser. Elle indique surtout que le volume de monnaie disponible dans l’économie est plus important qu’il y a quelques mois.
Parallèlement, les banques ont légèrement réduit les crédits accordés à l’économie, par contre le financement de l’État repose de plus en plus sur les banques commerciales plutôt que sur la Banque centrale.
Par Marie D. SOMDA, Sira info




