Sur les cinq dernières années, le Burkina Faso a exporté pour 234,37 milliards de FCFA d’amandes et de beurre de karité. Le Danemark et le Ghana se partagent l’essentiel des amandes brutes, tandis que la France domine le marché du beurre. En 2024, la donne a changé : la suspension des exportations d’amandes a fait chuter les volumes de deux tiers, propulsant pour la première fois le beurre devant les amandes en valeur.
Entre 2020 et 2024, le Burkina Faso a exporté pour 234,37 milliards de FCFA de produits issus du karité. Les amandes brutes représentent 148,33 milliards de FCFA, soit 63,3 % de cette valeur, tandis que le beurre de karité totalise 86,04 milliards de FCFA, soit 36,7 %.
Les données du commerce extérieur mettent en évidence deux marchés distincts. Les amandes brutes intéressent principalement le Danemark et le Ghana, tandis que la France, les Pays-Bas, la Malaisie, le Ghana, etc., s’intéressent au beurre de karité.

Le Danemark, premier acheteur des amandes de karité burkinabè
Sur les cinq dernières années, le Danemark est le principal client des amandes de karité du Burkina Faso. Entre 2020 et 2024, il a importé pour 70,58 milliards de FCFA, soit 47,58 % de l’ensemble des exportations d’amandes.
Le Ghana arrive en deuxième position avec 59,69 milliards de FCFA, représentant 40,24 % des ventes. À eux seuls, ces deux pays concentrent 87,82 % des exportations burkinabè d’amandes de karité sur la période.
L’Inde suit avec 9,65 milliards de FCFA (6,51 %), devant le Togo (7,57 milliards, soit 5,10 %). Les autres destinations réunies représentent moins de 1 % des exportations cumulées.

En 2024, les exportations d’amandes se concentrent sur seulement quatre pays. Le Danemark absorbe 45,9 % des recettes, devant le Ghana (37,8 %), l’Inde (15,0 %) et le Togo (1,3 %). La France, présente de manière marginale les années précédentes, ne figure plus parmi les acheteurs cette année-là.
La France reste le premier marché du beurre de karité
La géographie des exportations est différente pour le beurre de karité.
Entre 2020 et 2024, la France est le premier client avec 35,15 milliards de FCFA, soit 40,85 % des exportations de beurre.
Les Pays-Bas occupent la deuxième place avec 18,01 milliards de FCFA (20,93 %), suivis de la Malaisie (14,04 milliards, soit 16,32 %) et du Ghana (13,50 milliards, soit 15,70 %).
Ces quatre pays représentent à eux seuls 93,79 % des exportations de beurre de karité du Burkina Faso sur les cinq dernières années.
En 2024, la France demeure le premier débouché avec 7,61 milliards de FCFA, devant les Pays-Bas (5,05 milliards), la Malaisie (3,90 milliards) et le Ghana (3,36 milliards). Ensemble, ils concentrent 96,2 % des recettes d’exportation du beurre de karité.
Les achats d’amandes reculent fortement en 2024
Les exportations d’amandes de karité ont atteint leur niveau le plus élevé en 2023 avec 214 214,6 tonnes exportées pour une valeur de 49,20 milliards de FCFA.

En 2024, les volumes chutent à 69 536,7 tonnes (-67,5 %) et la valeur à 16,33 milliards de FCFA (-66,8 %). Cette baisse intervient l’année de la suspension des autorisations d’exportation des amandes brutes, décidée à compter du 18 septembre 2024 afin d’orienter davantage de matière première vers les unités nationales de transformation. Cette mesure a toutefois été levée le 22 mai 2026, à travers une déclaration commune des ministères en charge du Commerce et de l’Industrie d’une part, et de l’Économie et des Finances d’autre part.
Le beurre atteint son niveau le plus élevé de la période
À l’inverse, le beurre de karité enregistre en 2024 sa meilleure performance de la période.

Les exportations atteignent 21 921,1 tonnes, contre 16 278,7 tonnes un an auparavant, soit une progression de 34,6 %. La valeur exportée passe de 15,41 milliards à 20,71 milliards de FCFA, en hausse de 34,4 %.
Pour la première fois sur les cinq années étudiées, les exportations de beurre de karité dépassent en valeur celles des amandes brutes : 20,71 milliards de FCFA, contre 16,33 milliards pour les amandes.
Les produits du karité sont essentiellement utilisés dans l’industrie cosmétique, pharmaceutique et agroalimentaire.
Par Marie D. SOMDA, Sira Info




